Yanista

 

Les terres carmaniennes n’ont pas toujours eu comme souverain le demi-dieu du libre destin. Depuis plusieurs milliers d’années, seul y vivait le peuple elfe, s’enchantant de sa paisible solitude. En 985 de l’ère de Milédie, pourtant, un homme vint troubler leur douce quiétude. Inconscient, à l’agonie, il fut trouvé à l’entrée de la grotte qui menait à leurs terres cachées. Grâce à quelque décoction dont les elfes avaient le secret, le convalescent retrouva sa lucidité et sa vigueur. Cet inconnu était en fait nul autre qu’un demi-dieu du nom de Carma. Celui-ci fit de terres montagnardes son domaine et les ouvrit aux peuples qui voudraient s’y établir.

 

Malgré les groupes de différentes natures qui, petit à petit, prenaient place sur leurs terres auparavant sauvages, le peuple elfique tentait tant bien que mal de préserver la nature si précieuse à leurs yeux. En l’an 1000 de l’ère de Milédie, un petit regroupement d’elfes aventureux décida de demeurer sur le territoire et d’y établirent un modeste avant-poste; ayant dans l’esprit de protéger leur patrimoine, ils se bâtirent autour d’un érable centenaire, non loin de leur arbre sacré. Ce dernier abritait une dryade, une de ces filles ancestrales de Torgal.

Dans leur désir de demeurer pacifiques, souvent les Allianciens ont été persécutés par les peuples du Mal, tels Sirfako et le groupe d’orcs Maraischal. Malgré tout, leur esprit demeurait calme et pur, en combat comme lors des dures épreuves. Les pionniers du peuple alliancien furent la druidesse Niamh, l’humain forestier Foxguard et l’éclaireur Tulzerax. Ces trois premiers dirigeants n’ont pas eu la vie facile lors des premiers mois d’ouverture des terres devenues carmaniennes. Ils se sont tout de même accrochés à leurs valeurs, faisant offrande de leur respect et de leur protection à la nature qu’ils vénéraient. 

 

Près de deux années plus tard, bien des événements avaient bouleversé leur existence. L’ancienne dirigeante Niamh, après avoir été transformée en féodus par le nawab de Sirfako, Asmaudéhus, s’enleva la vie dans un excès de désespoir. Foxguard, quant à lui, avait quitté les terres, laissant au peuple alliancien son fils adoptif; un garçon turbulent, tapageur et… couvert d’écailles. Cette créature que les elfes avaient vue sortir d’un œuf gigantesque leur donna bien du fil à retordre. Seul le dirigeant Tulzerax était toujours au poste, accompagné maintenant dans sa tâche par Locas, un elfe forestier au cœur courageux, et par Mégane, une jeune elfe candide à la pureté sans faille. Locas, voulant se laver de ses actes peu valeureux du passé, fit un jour le serment à son Dieu Torgal de ne plus participer à aucun combat durant une année complète. Ce sacrifice prouva sa vertu et lui permit d’accéder à la pureté de l’elfe argenté.

 

L’Alliance a vécu son époque d’or en 1005 de l’ère de Milédie. Les valeurs libérales du peuple de Torgal attirèrent un grand nombre d’adeptes, tous désirant librement faire le Bien autour d’eux. À ce jour, le peuple auparavant composé uniquement d’elfes comptait dans ses rangs nombre d’humains et même un hobbit de temps à autre. Locas ayant quitté les terres, une nouvelle elfe de la même nationalité que Mégane prit place au conseil du peuple. Zaura, cette fougueuse guerrière, n’avait pas la langue dans sa poche et savait réveiller la passion dans les cœurs de ses alliés. Tulzerax, quant à lui, négligeait quelque peu son poste pour privilégier ses désirs personnels.

Un peu plus tard, plusieurs membres de l’Alliance, venant tous du même coin de pays, quittèrent le peuple qui les avait accueillis pour former le clan de la Gnilis. Grâce à leurs valeurs similaires, les anciens alliés demeurèrent en bons termes. Zaura rejoignit les rangs gnilissiens, laissant une place libre au conseil de l’Alliance. Peu de temps après, Tulzerax déserta son poste de dirigeant au profit de ses propres intérêts. De mauvaises décisions, un esprit détourné, attiré par ses obsessions, tous ces éléments corrompirent l’esprit de cet éclaireur elfe qui, petit à petit, devint un elfe noir. Le peuple plongea quelques mois dans la confusion; leurs ennemis drows le tourmentait, le peuple fãvien lui mettait la pression d’une alliance possible, Sirfako prenait plaisir à le harceler…

 

C’est alors qu’émergea de l’ombre un jeune demi-elfe à l’avenir prometteur : le forestier Nailo, à qui on découvrit un lien familial avec la royauté elfique qui siégeait à l’île de Yanista. Cette île était liée aux terres par un portail magique et supportait depuis l’ouverture des terres le clan de l’Alliance. Réfléchi et observateur, le nouveau dirigeant sut redonner au clan des elfes sa splendeur. Depuis qu’il a repris les troupes en main, elles ont retrouvé leur voie, celle de la pureté. Avec son arrivée souffla un vent nouveau; il instaura un code de vie qui guida les Allianciens dans leurs pensées et leurs actions. Il créa des liens solides avec les hauts elfes yanistois, profitant enfin du savoir elfique qui n’attendait qu’à être découvert des elfes carmaniens. Si la plupart des Allianciens sont de nouveaux venus, d’anciennes têtes sont toujours présentes. Mégane, de sa pureté inconditionnelle, s’est élevée au stade d’elfe argentée. Sa passion sereine sait réveiller en chaque nouvel Alliancien l’amour du Bien et la solidarité. Bjorn, éclaireur discret, a toujours été dévoué à ses pairs.

À la fin de l’année 956 de l’ère de Patchatrack, l’île de Yanista signa un traité d’alliance avec le peuple fãvien. C’est alors que l’Alliance décida de devenir un avant-poste yanistois à part entière. C’est avec le soutien de Fãv et de Yanista que l’Alliance confronte en ce jour les autres peuples des terres, qu’ils soient rebelles ou priants du Mal, afin de restaurer la sérénité dans le domaine carmanien, leur ancien territoire.

 

L'alliance avec l'empire fãvien apporta beaucoup de discorde au sein du peuple, dont certain membres importants partiront. Les membres restants ont par la suite tenté de purifier les terres par la volonté de Torgal, qui a envoyé une croisade contre les Drows qui souillent les terres. La purification a été un échec, mais les Yanistois ne baissent toujours pas les bras face à l’idée d’un futur sans cette vermine. Finalement, le traité fãvien a été annulé quand la nouvelle du vrai roi Fãv a vu le jour.